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Deux jours, une nuit

Réalisé par Jean-Pierre Dardenne
Avec Marion Cotillard, Fabrizio Rongione, Olivier Gourmet, Catherine Salée
Produit en 2014
France
Drame
1h35
Sandra, aidée par son mari, n’a qu’un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son travail.

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Photos ©christine plenus
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La note de Télérama pendant le Festival de Cannes

Les atouts les plus saillants de Deux jours, une nuit : une histoire forte, concise… et notre Marion Cotillard internationale. En un week-end, une salariée en difficulté cherche à convaincre ses collègues de voter pour son maintien dans l'entreprise plutôt que pour une prime de 1000 euros. Soit deux défis taillés pour les Dardenne : dresser un tableau sans fard du monde du travail dans la vielle Europe sous pression, et acclimater une star plutôt expressionniste à leur cinéma rigoureux jusqu'à l'épure.

LA CRITIQUE DE PREMIERE par Christophe Narbonne

Il y a quinze ans, les frères Dardenne faisaient de Rosetta, cette affranchie mal peignée et mal embouchée, le symbole du « peuple de la démerde » prêt à tout pour s’en sortir, quitte à abandonner en route un bout de son âme. Rosetta, c’était le monstre honteux enfanté par les années fric, le dommage collatéral du capitalisme sauvage, dont il reprenait à son compte le cynisme et l’aveuglement jusqu’au-boutiste. Depuis, au « tout est permis » et au « chacun pour soi » a succédé le « bien-vivre ensemble ». La crise a refroidi les ardeurs les plus ancrées et a transformé le peuple de la démerde en masse solidaire et droite. Gravement dépressive, Sandra passe ainsi toute la durée du film à se redresser dignement dans l’adversité quand la volontaire Rosetta se tassait de plus en plus sous le poids de sa culpabilité. Dans la filmographie des Dardenne, riche en drames sociaux « no future », Deux Jours, une nuit marque un tournant dialectique assez net. Fidèles à leurs idéaux, les frères belges ont compris que l’époque était au dialogue âpre mais concerté et non plus au repli sur soi suicidaire ou à la fuite en avant. Cela se traduit par une narration moins directe, un rythme moins soutenu et une mise en scène moins punchy qui pourront déconcerter de prime abord. Comme tous les films de rupture, Deux Jours, une nuit, porté par l’interprétation retenue de Marion Cotillard, est une belle promesse de renouvellement. On a hâte de voir la suite.