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Ladygrey

Réalisé par Alain Choquart
Avec Jérémie Renier, Emily Mortimer, Peter Sarsgaard, Claude Rich
Produit en 2014
France
Drame
1h49
Dix ans après la fin de l’apartheid, au sein d’une mission française installée au pied des somptueuses montagnes du Drakensberg, une communauté de sud-africains noirs et blancs tente de vivre dans l’oubli des violents affrontements dont chacun porte encore en secret les blessures.

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À propos

La critique de Pierre Murat - Télérama

Tout est suspendu. Tous semblent figés dans le souvenir : dix ans auparavant, deux infirmières sont mortes et des manifestants anti-apartheid — les onze de Lady Grey — ont été décimés par la milice, sans que jamais on ne retrouve leurs corps. Dans ce village reculé d'Afrique du Sud où se devinent encore les restes d'une ONG française, Noirs et Blancs, anglophiles et francophones, cohabitent tant bien que mal. Un simple d'esprit rêve d'acheter un aigle pêcheur autour duquel il invente des histoires qui ravissent son très vieux père. La foi, une foi absurde, mais sans laquelle il ne pourrait pas vivre, pousse un homme à faire croire à son gamin qu'ils feront fortune en plantant des rosiers improbables. Arrivée depuis peu sur les lieux, une jeune infirmière découvre la vraie ­nature de son mari... Alain Choquart (c'est son premier film après une impressionnante carrière de chef opérateur, notamment pour Bertrand Taver­nier) a adapté deux romans d'Hubert Mingarelli comme Robert Altman, jadis, réunissait des nouvelles de Raymond Carver dans Short Cuts. Avec la musique scandée, presque décalée de Peter von Poehl en guise de fil rouge, on va d'un personnage à l'autre : chacun devient une pièce d'un puzzle que le réalisateur ordonne avec art. Tout est précis dans sa mise en scène, chaque geste compte (ainsi celui du ­gamin qui, en entendant la voix du propriétaire, recouvre d'une serviette la nourriture dérobée par son père). Le lyrisme, diffus mais permanent, vient de la direction d'acteurs : Peter Sarsgaard, notamment, l'homme aux rosiers fantômes, qui a la virilité douce et blessée d'un héros de John Huston.

La critique de Jean-Claude Raspiengeas - La Croix

Alain Choquart dispose d’une distribution équilibrée (Peter Sarsgaard, Jérémie Renier, Emily Mortimer, Claude Rich et Liam Cunningham) dont la qualité d’interprétation s’appuie sur sa mise en scène, solide, poétique, elliptique. Il use, avec raison, de travellings et de mouvements de grues, au service d’un style fluide et aérien que soutient la musique énigmatique et grave, comme le battement d’un cœur, de Peter von Poehl, accompagné par la chanson finale de Marie Modiano. Les vérités comme la complexité des personnages se dévoilent peu à peu, laissant entrevoir des pans de mystère que tous connaissent. Le vol de l’aigle qui ouvre et ferme ce beau film symbolise cette hauteur de vue, libre et dégagée.