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L'Île de Giovanni

Réalisé par Mizuho Nishikubo
Avec Masachika Ichimura, Polina Ilyushenko, Hiroshi Inuzuka, Saburô Kitajima
Produit en 2013
Japon
Drame, Historique, Animation
1h42
Conseillé à partirde 10 ans
Titre original : Giovanni no Shima
Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s'organise entre la reconstruction et la peur de l'invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l'armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l'île.

L'Île de Giovanni a remporté la Mention du Jury au Festival International du Film d'Animation d'Annecy 2014 !

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À propos

La critique de Première par Eric Vernay

Loin de la guerre, deux petits garçons japonais s’évadent dans la Voie lactée à bord d’un train magique. Cette vision féerique jalonne L’Île de Giovanni, un film d’animation par ailleurs très sombre. Comme les merveilleux insectes phosphorescents qui constellaient la nuit du Tombeau des lucioles, d’Isao Takahata, l’imaginaire déleste le récit de sa pesanteur historique. La violence de l’occupation soviétique est ici perçue à travers les yeux d’un enfant de 10 ans qui, d’abord effrayé, va se familiariser avec l’ennemi en tombant sous le charme d’une fillette russe. Directeur de l’animation pour Mamoru Oshii dans Ghost in the Shell, notamment, Mizuho Nishikubo traduit ce télescopage d’émotions contradictoires avec une justesse souvent bouleversante. Visuellement, il superpose les traits simples et naïfs (virant parfois au cartoon) des personnages enfantins sur des décors plus lyriques et ouvragés, inspirés d’estampes sur bois aux coups de pinceaux apparents. Ce choc des textures résonne avec le choc des cultures de manière acoustique. À travers la sonorité mêlée des langues mais aussi grâce à la musique, le film cherche l’harmonie rompue par le chaos. Un équilibre fragile trouvé lors d’une extraordinaire séquence durant laquelle la cacophonie des airs russes et japonais chantés simultanément par les écoliers de l’île laisse place à la polyphonie : improbable et miraculeux dialogue.

LE MYSTÈRE NIPPON

Le réalisateur Mizuho Nishikubo est peu connu du public, même des fans de l'animation japonaise. Et pour cause : L'île de Giovanni est son troisième long-métrage et ses deux précédents, Atagoal: Cat's Magical Forest (2006) et Musashi - Le rêve du dernier samouraï (2009) n'ont jamais été distribués en France. Collaborateur de longue date de Mamoru Oshii, il a cependant produit et co-réalisé son célébrissime Ghost in the Shell.