Archives film

MADAME BOVARY

Réalisé par Sophie Barthes
Avec Mia Wasikowska, Ezra Miller, Henry Lloyd-Hughes
Produit en 2015
GB
en vostf anglais
1h59
Emma Rouault, fraîchement sortie du couvent, épouse Charles Bovary, un médecin de campagne qui se réjouit d’avoir trouvé la compagne parfaite. Emma occupe ses journées à aménager sa nouvelle demeure, dessine, joue du piano et reçoit avec élégance les visiteurs. Cette vie monochrome auprès d’un époux sans raffinement est bien loin des fastes et de la passion auxquels elle aspire. Ses rencontres avec M. Lheureux, habile commerçant, le Marquis d’Andervilliers, et Léon, jeune clerc de notaire, vont rompre la monotonie de son existence.

Images

puzz mb 2
puzz mb 3
puzz mb

Vidéos

Aucune vidéo associée

À propos

La réalisatrice franco-américaine Sophie Barthes signe une adaptation en anglais, élégante et sage, du roman de Flaubert .

Adapté au cinéma par Renoir, Chabrol ou plus librement par Anne Fontaine avec son malicieux Gemma Bovery, le livre de Flaubert est réputé difficile à transposer sur grand écran?: comment montrer l’ennui d’une jeune provinciale sans y plonger le spectateur?? Sophie Barthes évite cet écueil par la sensibilité et l’empathie avec lesquelles elle décrit son Emma Bovary. Mia Wasikowska lui prête un charme discret, doublé d’une exaltation romantique se déployant à chaque occasion qui se présente à son personnage. La réalisatrice donne à son film sage et élégant les teintes mélancoliques du Perche en automne?; ses ciels gris et oppressants traduisent le malaise grandissant d’Emma, étouffée par les conventions d’une vie morne.

Sophie Barthes filme avec une extraordinaire détermination la cruauté qui sourd peu à peu de cette histoire aux apparences simples et ressassée.

Il arrive qu’on réduise Emma à une femme qui s’ennuie dans la conjugalité, tombe amoureuse hors de son mariage et se tue par désespoir. La façon dont Sophie Barthes retrouve l’essence même du roman de Flaubert – qui s’identifiait à Emma et à sa détestation de la réalité triviale -, la façon dont elle voit cette épouse courir après ses rêves et s’enfoncer, par mauvais choix successifs, dans une solitude toujours plus grande, la façon dont elle relate la chute de cette femme qui se heurte à un monde d’homme, confère à sa version cinématographique une grande force. Les libertés prises face au livre comptent peu, ce qui importe ici, c’est la magnifique cohérence qui apparaît dans le parcours. Au-delà de l’amour déçu, des illusions perdues, des chimères entretenues et de la candeur d’Emma, l’argent achève de pousser l’héroïne à sa perte. Ruinant aux deux sens cette femme qui voulait vivre au-dessus de ses moyens.