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Boyhood

Réalisé par Richard Linklater
Avec Ethan Hawke, Patricia Arquette, Nick Krause, Evie Thompson
Produit en 2014
U.S.A.
Drame
2h45
Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père.
Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte…

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© 2014 BOYHOOD INC.IFC PRODUCTIONS I, L.L.C. ALL RIGHTS RESERVED
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À propos

La vie, tout simplement - Par Virgile Dumez, aVoiraLire.com

Tourné sur plus de 12 ans avec les mêmes acteurs et la même équipe, cette chronique d’une famille américaine touche au plus profond par son regard doux et bienveillant sur des personnages attachants. Séduisant. Habitué à suivre des personnages – et des acteurs – par-delà le temps avec sa trilogie des Before (Sunrise, Sunset, Midnight), le cinéaste indépendant Richard Linklater a poussé cette logique à son plus haut degré en tournant Boyhood durant une période inhabituelle de 12 ans. Il suit ainsi le destin d’une famille américaine fictive sur une large période de leur existence et le spectateur peut ainsi assister au vieillissement de l’ensemble du casting (seul Ethan Hawke semble avoir passé un pacte avec le diable en restant toujours aussi élancé). Le jeune Ellar Coltrane débute donc le film à l’âge de six ans et le termine à 18, avec toutes les transformations inhérentes à la croissance et à la puberté. Les gamins deviennent sous nos yeux des jeunes gens et les adultes voient leurs cranes se peupler de cheveux blancs et leur visage se zébrer de rides. Par-delà cette expérience purement inédite qui donne le curieux sentiment de voir la vie s’écouler devant nous et ainsi de se sentir emporté dans le flot du temps qui passe, Boyhood est un superbe chant d’amour envers les petits riens qui font l’existence. Ne s’embarrassant jamais d’une ligne narrative contraignante – en gros, pas de grand drame, ni de rebondissement – Linklater préfère la chronique douce, parfois inquiète, mais jamais amère des heures qui filent. Il dresse le portrait d’une famille dysfonctionnelle (les deux parents incarnés avec beaucoup de justesse par Patricia Arquette et Ethan Hawke sont séparés depuis longtemps quand le film débute) avec ce que cela suppose de souffrances pour les deux gamins, de frustrations et de remises en cause. La plus grande qualité du réalisateur vient du fait qu’il ne juge à aucun moment ses personnages. Il les montre en train de faire des choix, dont certains se révéleront positifs et d’autres catastrophiques, mais aucun regard condescendant de sa part. L’autre tour de force est d’avoir réussi à maintenir le même ton durant un tournage aussi long. On n’a jamais le sentiment d’assister à une œuvre bricolée au fur et à mesure, en fonction du budget alloué. De temps à autre, le cinéaste fait intervenir l’actualité (on y évoque la présidence Bush, l’élection de Barack Obama, l’arrivée sur la scène américaine de Lady Gaga… cherchez l’intruse !) et peut se faire légèrement ironique, notamment lors de la description pas très fine d’un vieux couple de Texans qui ne jurent que par la Bible et les armes à feu. Mais tout ceci reste plutôt inoffensif et rien ne nous distrait vraiment de l’intrigue principale, à savoir l’évolution des membres d’une famille que l’on apprend à aimer, avec leurs qualités et leurs défauts. Sur fond de musique pop (Coldplay, Arcade Fire et consorts sont de la partie), cette chronique de la vie ordinaire touche souvent juste, et ceci malgré une durée conséquente qui ne doit aucunement représenter un repoussoir tant elle sert le propos même du film. Etonnant.

Le film qui a pris tout son temps - Par Pierre FORNEROD, Ouest-France.fr

Douze ans, c'est la durée - record - qu'aura pris le tournage de Boyhood (commencé au cours de l'été 2002 à Houston au Texas) au réalisateur Richard Linklater pour mener à bien son projet fou. « - Au revoir, et à l'année prochaine? »- Oui, trois-quatre jours en septembre, comme d'habitude. Je vous ferai signe.... » Ah, la drôle d'histoire que ce film-là. Tellement loin des canons et des pratiques de la production hollywoodienne. Sur le papier, une histoire ordinaire. La vie d'une famille américaine anonyme chroniquée sur une douzaine d'années, à travers les yeux d'un gamin de six ans. Qui en aura réellement dix-huit à la fin du générique. Dans toute production courante, le plus épineux aurait été la composition du casting. Avec trois ou quatre interprètes pour jouer le rôle du gosse dont le physique est tellement évolutif à ces âges-là. « Trop compliqué et aléatoire, pour un résultat qui fait faux » a soupiré Richard Linklater. Un cinéaste en toutes libertés, que les difficultés stimulent: c'est lui l'auteur de la trilogie Before sunrise, Before sunset et Before midnight. L'état d'un couple, Julie Delpy et Ethan Hawke, à trois périodes distinctes pendant vingt-quatre heure. Pas un documentaire mais une vraie fiction En somme il reprend la formule, en plus long et en plus sophistiqué. Avec Ethan Hawke à nouveau, mais Patricia Arquette dans le rôle de l'épouse-mère. Et sa propre fille, Lorelei, pour jouer la sœur du gamin Ellar Coltrane. Ce quatuor vit pendant une bonne demi-décennie les aléas de la vie familiale. Avec fâcheries, retrouvailles, divorces, remariages tandis qu'en toile de fond le monde s'agite et se transforme. La guerre en Irak, Harry Potter, Barack Obama, font leur apparition dans un récit qui ne se veut pas documentaire mais totale fiction. Le tout dure 2 heures 43, parce qu'il a bien fallu s'arrêter à une durée raisonnable pour que le film s'installe sur les écrans. Histoire d'amortir un petit budget de 2 millions de dollars. Une tranche de vie bouillante d'énergies et d'émotions, qui a déjà remué les festivals de Sundance et de Berlin. Croquez dedans.