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19/08/2014 | Catégorie Films

Prendre le temps de le filmer

Boyhood est un voyage exceptionnel et unique dans le temps. Pendant 12 ans, Richard Linklater a filmé ses acteurs. Nous suivons ainsi l’évolution des personnages, ils traversent les différentes épreuves de la vie : l’enfance où tout est possible, l’adolescence et ses tourments, la construction d’une famille moderne, dans des moments intimes, drôles, tristes, mélancoliques.

Le réalisateur a choisi de centrer le film sur l’évolution de Mason (Ellar Coltrane), âgé de 6 ans au début du film. Nous le verrons grandir, évoluer à travers une série de déménagements, disputes familiales, remariages plus ou moins réussis, changements d’école... Il tombera amoureux, vivra des moments de bonheur et d’insouciance, mais aussi des périodes de doute et de remise en question.

LE JEU AVEC LE TEMPS

Dans tous les films, on joue avec le temps en essayant de capturer les moments qui marquent notre vie quotidienne et nous dirigent tant bien que mal vers un certain avenir. Ou bien nous font plonger dans des dimensions mythiques et oniriques dans lesquelles le temps est littéralement passé à la moulinette. Pour des raisons pratiques, les films de fiction sont tournés pendant une période bien déterminée de semaine ou de mois.

Un film contemporain pouvait-il s’étendre sur une période beaucoup plus vaste ? Disons le temps nécessaire pour qu’un petit garçon devienne un jeune adulte, année après année, changement après changement ?

La première idée de Richard Linklater était de faire un film sur les émotions singulièrement intimes et l’apprentissage de l’enfance. Mais l’enfance est un sujet très vaste et il ne savait pas trop comment s’y prendre. Il a alors imaginé d’essayer de voyager dans le temps de cette enfance.
Mais un tel projet se heurtait inévitablement à un mur d’impossibles : financiers, créatifs, intellectuels. Aucune équipe technique, aucun acteur, aucune société de production n’accepterait de s’investir sur une période aussi longue et indéfinie. Et puis le projet allait à l’encontre de la façon dont fonctionne l’industrie du cinéma moderne.

Richard Linklater n’a pas hésité, il s’est jeté à l’eau. "C’était comme faire un énorme pas dans le futur" explique-t-il. "Certains artistes s’efforcent d’avoir un minimum de contrôle sur leur projet, mais là, il y avait des éléments qui échapperaient à tout le monde. Des changements physiques et émotionnels, qu’on était prêts à explorer. D’une certaine façon, le film est devenu une collaboration avec le temps lui-même, et le temps sait être un excellent collaborateur, même s’il n’est pas toujours "prévisible."

Le réalisateur n’a pas écrit de véritable scénario, mais une ébauche structurelle. Il a réussi à convaincre IFC Films qui l’a accompagné tout au long de son projet. Puis il a contacté techniciens et acteurs en leur expliquant comment se déroulerait le plan de travail : chaque année, ils se retrouveraient tous pour 3 ou 4 jours de tournage. Il a lui-même écrit et monté le film (avec sa fidèle collaboratrice, Sandra Adair). A part eux deux, personne n’a su ce qu’ils avaient créé pendant les 144 mois qui se sont écoulés entre le début et la fin. Ce n’est que quand la dernière scène a été bouclée que le film a été montré.

Richard Linklater a été surpris et encouragé par le nombre de personnes qui ont accepté sans hésiter de s’impliquer dans ce projet. Pour les acteurs, ce n’était pas gagné. Il fallait que chaque année pendant 12 ans, ils conviennent d’un moment où ils seraient tous disponibles. Mais surtout, il fallait qu’ils soient prêts à faire vivre leur personnage, le voir évoluer sur 12 ans.

"Personne n’avait jamais fait ce genre d’expérience avec des techniciens et des acteurs. Un contrat sur 12 ans, ça n’existe même pas dans ce milieu. Tous se sont lancés dans l’aventure avec foi et engagement" reconnaît le réalisateur.

Plus d'informations sur le film (images, vidéos, critiques, liens) et l'ensemble du dossier de presse sur la fiche film du site.