“Ce documentaire, il faut le voir, c’est une nécessité absolue” – FRANCE INTER
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Le mercredi 16 avril à 20h, nous vous proposons une soirée autour du film “Par la fenêtre ou par la porte”, en présence de Monique Fraysse, médecin du travail au moment des faits et protagoniste du film, et Philippe Geoffroy, délégué syndical chez France Télécom au moment des faits également.
PAR LA FENÊTRE OU PAR LA PORTE, un film de Jean-Pierre Bloc. Durée 1h29.
SYNOPSIS : Septembre 2004, l’État privatise son fleuron historique France Télécom. Le cours de l’action devient primordial et le nouveau PDG Didier Lombard décide de pousser 22 000 agent·es au départ “volontaire” : ce sera le plan NExT, le management piloté par les chiffres. Le 30 septembre 2022 se clôt en appel « l’Affaire des suicides de France TélécomOrange », la première condamnation pénale de dirigeants du CAC 40 pour harcèlement moral institutionnel. Derrière ce coup de tonnerre juridique, ce film retrace l’histoire d’un long combat syndical, inventif et ouvert sur la société, raconté par celles et ceux qui ont mené la lutte.
“Par la fenêtre ou par la porte“, c’est l’affaire France Télécom-Orange, racontée pour la première fois par celles et ceux, syndicalistes, salarié·es, agents du service public, qui ont lutté sans relâche pour la dignité au travail dans cette entreprise.
Le film retrace des décennies de combat, d’abord contre une privatisation rampante, puis contre des dirigeants dont l’unique boussole était le cours de l’action, n’hésitant pas à pousser dehors en un temps record 22 000 personnes « par la fenêtre ou par la porte » selon les mots de Didier Lombard, l’ancien Président.
Un personnel en état de choc, de nombreux suicides, deux procès, avec à la clé des peines de prison pour les dirigeants, du jamais vu pour une entreprise du CAC 40. Et la consécration d’une nouvelle arme de droit, primordiale pour les syndicalistes : le harcèlement moral institutionnel, qui ouvre une brèche importante dans un pouvoir de direction jusqu’alors inexpugnable.
À travers de nombreux témoignages, le film retrace les difficultés du syndicalisme face à l’individualisation du travail, à la tragédie des suicides, mais aussi son inventivité pour faire de son combat une question d’intérêt général et l’ouvrir à toutes les composantes de la société.
En résonance avec le débat qui s’impose depuis la puissante mobilisation intersyndicale contre la réforme des retraites, il questionne le travail lui-même – son sens, son utilité sociale, les conditions dans lesquelles il s’exerce. Ce film renouvelle l’image de l’univers syndical et contribuera – c’est le souhait de ses auteurs et autrices – à le rapprocher des citoyen·nes.
LE MOT DU RÉALISATEUR :
“Raconter l’histoire du procès de France Télécom/Orange, c’est faire le récit d’un combat homérique. Le terme peut sonner outrancier et galvaudé, il s’est pourtant imposé au fur et à mesure de ma plongée dans les méandres de cette affaire : des dizaines d’années de luttes exténuantes, plus d’une centaine de milliers de personnes impliquées dans tous les départements, toutes les villes de France, des mobilisations massives dont les troupes se délitent au fil du temps, des dirigeants au profil de despotes, multipliant chausses-trappes et dissimulations, et pour couronner le tout, un procès que les médias unanimes qualifient de « hors norme ».
Une autre chose m’a frappé : les films sur les luttes sociales sont nombreux mais il est rare, voire exceptionnel qu’ils se concluent par une victoire. Celle-là a certes un goût amer, mais c’est une victoire tout de même. Elle ouvre une profonde brèche dans un pouvoir inexpugnable, ce fameux lien de subordination qui est aujourd’hui encore la marque du salariat.
Si l’affaire France Télécom a déjà fait l’objet de plusieurs documentaires, elle n’a jamais été abordée du point de vue de celles et ceux, syndicalistes et salarié·es, qui ont lutté avec acharnement contre la logique glaciale du management par les chiffres.
Pour elles et eux, ce film prolonge le procès, il offre une prime à la combativité, questionne leurs difficultés et leurs désarrois, les désunions et les alliances improbables, et veut transmettre une mémoire.
Elles et ils m’ont confié la tâche de traduire en images et en sons cette histoire, leur histoire.”
Jean-Pierre Bloc.